
Le texte paraît dans Le Matin aujourd'hui, 24 novembre 2011, et sur son site www.lematin.ma.
En voici les premières lignes :
La Constitution ouvre des horizons nouveaux au Maroc, parce qu'elle le place au rang des premiers États démocratiques du Monde. Cette affirmation peut étonner quand nous la formulons en France ou ailleurs en Europe, parce qu'elle concerne un État musulman. Le monde musulman y est en effet généralement perçu comme irréductiblement incompatible avec le modèle démocratique. C'est la démonstration de l'erreur que nous faisons de manières récurrentes en Occident.
Au printemps dernier, un mouvement de contestation venu d'horizons divers a profondément modifié les données géopolitiques au Maghreb-Machreck et jusqu'au Moyen-Orient, les impacts de ces événements s'étendant aujourd'hui à l'Afrique subsahélienne. Le 1er juillet 2011, le peuple marocain a massivement adopté la Constitution du royaume. La juxtaposition de ces deux dates est déterminante pour qui veut analyser les enjeux des élections législatives du 25 novembre prochain au Maroc. Elle indique qu'en quelques mois seulement, le Maroc, qui a évolué vers un système démocratique complet, va renouveler son Parlement et engager un programme législatif exceptionnel, comme un pays n'en connaît peut-être qu'une fois par millénaire. Cette démarche n'aurait pu être mise en œuvre en aussi peu de temps si elle n'avait pas été préparée depuis longtemps par le pays. […]