Bhopal

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Dans ce mot résonnent la mort, la douleur, la souffrance, l’ignominie, résultat de la pire catastrophe industrielle de tous les temps. Bhopal est la capitale du Madhya Pradesh, État membre de l’Union indienne.
Le groupe industriel américain Union Carbide Corporation (UCC), un géant international de la chimie, était implanté en Inde depuis 1904. En 1968, il installa à Bhopal une division « Produits pour l’agriculture » et créa, sur un site de 2 hectares, un atelier de préparation de pesticides. L’usine se trouve à proximité de la gare et de plusieurs bidonvilles.
Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, le chef de quart de l’usine constate que la pression dans un réservoir est montée au double du maximum. Les gaz se dirigent alors vers la tour de décontamination dont les vannes sont fermées pour cause de nettoyage. La pression des gaz est telle que les soupapes sautent, les gaz continuant vers la tour d’évacuation dont la torchère est éteinte. Les vapeurs d’isocyanate de méthyle (MIC) s’échappent dans l’atmosphère aux alentours de minuit. L’alerte ne sera donnée par la sirène qu’à 2 heures. Trop tard ! 500 personnes meurent dans les 24 heures. Cinq jours plus tard, le nombre des décès est de 2 500. Le bilan officiel s’élèvera finalement à 7 072 morts et 204 000 blessés. Jacques Charbonnier fait état de 10 000 décès matériellement établis.
L’auteur analyse les causes de la catastrophe. Il montre que la défaillance du système est surtout due à d’autres causes que techniques, moins directes, moins visibles, mais cependant déterminantes. Les données politiques, juridiques, financières, culturelles, organisationnelles se trouvent au cœur de l’accident. L’auteur présente ensuite les suites judiciaires qui ont été complexes et longues, en raison des différences des systèmes juridiques de l’Inde et des États-Unis. Les procès civils et pénaux ont conduit à la condamnation d’Union Carbide et de quelques-uns de ses dirigeants. Mais la grande entreprise internationale, malgré ses efforts de communication dans la gestion de la crise et à cause de son manque de professionnalisme, va peu à peu entrer en agonie et disparaître.
À la suite de cette catastrophe, les États-Unis et l’Inde ont pris conscience de la nécessité de renforcer l’interventionnisme des pouvoirs publics et l’activité des organismes de contrôle. La législation sera modifiée dans les deux pays. En Europe, les États membres vont mieux comprendre la signification de la directive Seveso publiée en 1982. Bhopal est aussi un produit de la mondialisation, nous dit l’auteur.

Sommaire: 
  • Avant-propos
  • 1re partie – La catastrophe
  • Le contexte de Bhopal
  • Le groupe Union Carbide
  • L’accident – 3 décembre 1984
  • Les conséquences de la catastrophe
  • 2e partie – Les procès
  • Les procédures civiles
  • La question des responsabilités pénales
  • L’indemnisation des victimes
  • 3e partie – La disparition d’Union Carbide
  • Les efforts de communication d’UC
  • L’agonie et la mort d’UC
  • 4e partie – Les enseignements
  • L’accentuation de l’interventionnisme des pouvoirs publics
  • Le renforcement du rôle des risk managers et des assureurs
  • La mondialisation en question
Année de parution: 
2004
N° d'édition: 
1
En stock
N° ISBN: 
978-2-911221-30-3
ISSN de la collection: 
-
Nombre de pages: 
140
Dimensions: 
16 cm x 24 cm
Mots clefs: 
Bhopal, catastrophe industrielle, Inde, poursuites pénales, risque chimique, risque industriel, risque technologique
10,00€