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AZF : une enquête parlementaire serait utile

Publié le 11/04/2013

Peut-on accepter l'inacceptable ? De grandes voix dont deux anciens dirigeants de Charbonnages de France (ancien propriétaire de l’usine AZF), contestent la thèse officielle retenue par la Cour d’appel de Toulouse. Ce n’est pas tant la mise en cause de leur ancien établissement qui les a poussés à réagir que leur propre analyse de l’affaire. Et le manque de prise en compte de plusieurs témoignages dans l’instruction.

Leur autorité à la fois morale, scientifique et industrielle, nous impose de revenir sur le sujet. Jacques Petitmengin et Bernard Rolet, ainsi que Laurent Jacob, invitent le Parlement à se pencher sur les nœuds complexes et obscurs de cette affaire. Nous pensons que ce serait utile.

Pour en savoir plus, nous renvoyons à nos dossiers d’août et octobre 2012.
Est également disponible sur ce site l'intégralité du témoignage que nous a adressé Bernard Rolet (mis en ligne le 18-04-2013).

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Commentaires

Une étonnante saga judiciaire.

Un quasi fiasco. Une longue enquête judiciaire - dix ans ! Deux procès. Et deux jugements contradictoires : une relaxe générale, en première instance, et, en en appel, de lourdes condamnations. Et toujours pas de cause reconnue par la communauté scientifique pour cette terrible catastrophe.
Pourtant, en appels, les débats étaient encore plus clairs et les experts officiels ont, me semble-t-il, reconnus leurs erreurs. De plus, la déposition efficace et définitive de l'ingénieur Gérard Hecquet, spécialiste des produits incompatibles, a démontré l'impossibilité de la piste chimique. Il semblait évident que la Cour d'Appel se retrouvant à juger une catastrophe dont toutes les causes abordées étaient invalidées confirmerait, faute de cause avérée, le jugement de relaxe du Tribunal Correctionnel en première instance.
C'était méconnaître que la vérité judiciaire n’est pas la vérité scientifique, ce que le Juge Thierry Perriquet - Juge Instructeur - est venu rappeler à la barre.
Ce fut notre plus grosse erreur : croire que le juge d'instruction, le Tribunal correctionnel et la Cour d'appel allaient faire œuvre scientifique et nous révéler le mécanisme à l'origine de la catastrophe. Nous, les scientifiques, avons voulu faire faire notre travail par la justice, de la même façon que les juges s'en remettent à des experts et que les industriels sous-traitent. Triple erreur sanctionnée par cinq exemples fameux : AZF et Feyzin pour la sous-traitance industrielle; Outreau et AZF pour le travail des experts; Galileo Galilei et le procès Lavoisier lorsque la science s'en remet à la Justice. A Toulouse, comme à Outreau, des innocents ont été mis en examen sur la foi d'une expertise erronée…

AZF -Waco

Cette nuit une usine de fertilisant vient d'exploser au Texas.
Cette explosion rappelle celle d'AZF :
Le même type d’usine (ce que ne manque pas de rappeler leurs noms, AZF signifiant AZote Fertilisant)
une même explosion dramatique,
un même contexte terroriste (Boston pour West Fertilizer, 11 septembre pour AZF)
une même inconnue : la cause de l’explosion.
Pour West Fertilizer, la cause exacte de l'explosion n'est toujours pas déterminé avec certitude.
Les seules certitudes :
- la datation : 19h50 environ, heure locale (jeudi 0h50 GMT);
- la localisation : l'usine West Fertilizer dans la localité de West près de Waco (Texas)
- un incendie précurseur
- la présence des pompiers
- l'arrosage d'une cuve d'ammoniac.

D'où une hypothèse : les pompiers ont voulu éteindre un incendie et ont envoyé de l'eau sur une cuve d'ammoniac provoquant une explosion.
Cependant, la thèse de l'attentat n'est pas à exclure en particulier en raison du lieu et de la date. En effet, demain (vendredi) sera l'anniversaire de la tuerie de Waco par le FBI qui avait fait 76 morts et dont l'anniversaire avait déjà fait l'objet d'un attentat le mercredi 19 avril 1995 à Oklahoma City : un camion bourré de nitrate d'ammonium avait explosé contre le siège du FBI.

Une précision : la "tuerie de Waco", soit l'assaut de Mount Carmel, propriété de la secte des Davidiens qui s'y étaient retranchés, s'est terminé le 19 avril 1993, après 51 jours de siège. Une page de Wikipédia lui est consacrée.

L’explosion de l’usine d’engrais à Waco survenue mercredi au Texas (sud des Etats-Unis) n’est pas sans rappeler la catastrophe d’AZF du 21 septembre 2001 à Toulouse, du moins au plan de certains de ses effets. Il convient d’en savoir plus sur son processus grâce aux premiers enseignements de l’enquête. Sans plus d’informations, un cabinet d'avocats toulousain, a cependant immédiatement mis en avant sa gestion du dossier AZF pour proposer ses services aux victimes texanes. La démarche interroge tout d’abord au plan de l’éthique professionnelle que l’on attend des membres du barreau. D’autant que pour ce faire, l’organisation caritative de la Croix Rouge est sollicitée comme intermédiaire. Elle pose aussi la question de la compétence juridique, car l’expérience d’un procès français ne donne pas des lumières sur le droit américain, et en particulier sur le droit texan, dont les principes sont très éloignés de ceux du droit français. On attend du barreau plus de morale et moins de commerce.
N’hésitant pas dans le style provocant, le cabinet met aussi en avant sa capacité technique pour aider à expliquer les causes de l’explosion de Waco. Il est regrettable qu’il ait démontré en même temps qu’on ne se déclare sans autre preuve, expert dans la maîtrise des risques. En confondant ammoniac et nitrate d’ammonium, le cabinet fait la preuve définitive des limites les plus lointaines de son … incompétence.
Nous attendons de la revue Préventique qui nous a habitués à une autre rigueur dans l’analyse et le traitement des faits, qu’elle dénonce vigoureusement de telles pratiques et qu’elle nous apporte les éclairages nécessaires à la compréhension de cette catastrophe.

Croyez vous sérieusement que les députés et les sénateurs répondent à votre demande ? Une enquête venant 12 ans après l'explosion a-t-elle encore un sens ? AZF restera une affaire obscure, comme il y en a d'autres. Nous sommes nombreux à Toulouse à penser que les dés ont été pipés. Mais pourquoi ?

Toulouse et Waco
L'explosion de l'usine de Waco continue de faire l'objet d'études, en lien avec celle de Toulouse. Signalons le travail mené par Pierre Grésillaud sur son blog :
http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-gresillaud/220513/azf-l-explosion-...

Une explosion ayant impliqué un stockage d’ammonitrate, le 17 avril 2013 à Waco (Texas, USA) a relancé les études sur les explosions de ce produit, en particulier celle d’AZF à Toulouse le 21 septembre 2001. La comparaison de ces deux accidents fait ressortir des caractéristiques de chacun d’eux. Il ressort qu’à Toulouse le séisme ne peut avoir été provoqué par l’explosion du stock d’ammonitrate. Pour Waco, il semble que le manque de méthode pour analyser la catastrophe et rassembler les données fasse incriminer le stockage, par similitude avec les explosions historiques en milieu confiné.
Il reste néanmoins beaucoup de données critiques à rassembler, comme les projections de grains d’ammonitrate à distance, la nature des fumées noires précédent l’explosion ou l’émission de fumées rousses pendant l’incendie, qui pourraient indiquer qu’un autre modèle de la catastrophe devrait être recherché. Le fait que certains témoins disent avoir entendu deux explosions va dans ce sens.

The explosion in Waco (Texas) on april the 17th 2013, roused new questions on the explosiveness of ammonium nitrate storages and new comparisons between the explosion at AZF in Toulouse (France) in 2001 and this last one.
The Waco disaster seems to confirm previous available data to which enough attention has not been paid : the explosion of the ammonium nitrate cannot be blamed for the seism of 3,4 Richter that occurred then.
It seems that in Waco the lack of proper investigation methods for gathering data and analysing them leads to a biased conclusion that what occurred complies with the historical confined explosion. Critical data such as whether the ammonium nitrate prills have been thrown at a long distance as was the case in Toulouse, what were the dense black fumes surging before the blast or whether dark orange fumes were seen during that blaze, are still missing in the official statements. They could demonstrate that another model of the disaster could be required. The reporting by some witnesses to have heard two explosions supports this hypothesis.

Waco 2013, Toulouse 2001 - Analyse, comparaison, nouvelles données. L'Équipe française signe un article dans le n°130 de Préventique

AZF et la zone de l'ancienne poudrerie de Toulouse ont fait l'objet d'un documentaire d'investigation qui sera diffusé sur Canal +, le 10 novembre 2014 à 22h45 (crypté). Son titre : "14-18, un scandale enterré".
La présence d'explosifs dans le sous-sol de toute la zone y est affirmée. La thèse présentée par Laurent Jacob et l'Équipe française, dans Préventique (n°124, 125 et 128) y est évoquée. L. Jacob intervient d'ailleurs en compagnie d'Hubert Seillan.

Continuez sur le sujet avec les deux textes publiés après la décision d'annulation de la Cour de cassation :
"AZF, le doute émis…" (13 janvier 2015)
"AZF, manœuvres et interventions médiatiques…" (20 mars 2015)

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