Information/désinformation, l'exemple du saumon

Publié le 24/07/2014

Une campagne multimédia commençait, il y a un an environ, visant à dénoncer les risques pour la santé liés à la consommation de saumon d'élevage. Un reportage d'Envoyé spécial, en novembre 2013, indiquait que "le saumon norvégien, c'est la nourriture la plus toxique du monde". L'information avait été relayée dans divers médias avec un message "d'alerte rouge sur le saumon" pour Noël 2013.
Par contre, les résultats des nombreuses études publiques (par ex. Calipso et EAT2)ainsi que les mesures de gestion mises en œuvre au cours de la dernière décennie étaient passées sous silence.

Une étude vient d'être publiée en juillet par le magazine 60 millions de consommateurs sous le titre "Peut-on encore manger du poisson".
Les résultats des analyses portant sur des saumons sauvages et d'élevage montrent, dans tous les cas, une absence d'antibiotiques, une quasiabsence de pesticides et de très faibles valeurs de PCB. Par contre, le saumon d'élevage est le plus riche en lipides et en oméga-3 et le saumon bio est plus contaminé que le non bio. Les résultats "rassurants" de cette étude "indépendante", font plus que confirmer les résultats des études publiques et les effets des mesures de gestion mises en œuvre au niveau national et européen. La conclusion de l'article est que "manger du saumon reste bon pour la santé".

Il est intéressant de noter que ces résultats n'ont été que peu repris et tardivement dans les médias (au jour où nous écrivons). Certains auraient pu reconnaître avoir soutenu une campagne de dénigrement basée sur des affirmations de militants d'ONG présentés comme "experts".
Les enjeux futurs majeurs du développement de l'aquaculture sont d'une grande importance et doivent donc être abordés franchement, rationnellement, avec de vrais débats sur le futur de nos sources alimentaires, sans être "pollués" par des groupes de pression manipulant les médias.

Jean-François Narbonne
Toxicologue, expert de l'Anses

Nota. Un article plus complet sera publié dans le n°136 de Préventique, disponible en ligne fin août.

Photo cyclonebill sur Flickr (licence Creative Commons)