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Pollution chimique des sols et risques multiples

Publié le 21/05/2013

Il est un sujet inquiétant, d’une grande actualité dans presque toutes les régions françaises. C’est celui des sols pollués par des activités industrielles, minières ou même agricoles, sur lesquels se développent des activités sociales. Les risques sanitaires peuvent y être très élevés, comme c’est le cas dans la petite commune de Saint-Félix-de-Pallières (Gard). Tous les ministères traitant des risques sont concernés : l’écologie et les risques technologiques, le travail, la santé, l’agriculture, l’intérieur avec la sécurité civile et la police. Nous avons rencontré un voisin du site, M. Johnny Bowie, qui nous livre son témoignage

Le danger provient d'anciennes mines de plomb et de zinc située sur les hauteurs de plusieurs communes. Les produits chimiques, plomb, arsenic, cyanure, cadmium, mercure, thallium, antimoine, chrome, nickel, zinc, phosphore, affleurent aujourd’hui sur plusieurs hectares du site. Il est considéré ici comme une sorte de parc à usage touristique et de promenade. Il est envahi par les motos, les voitures 4X4 de randonnées, par les quads, et les promeneurs du dimanche y sont nombreux, comme le montre cette vidéo

Mais la situation de ce territoire est encore plus compliquée, car un habitat précaire constitué de véhicules divers y est installé, et des rave parties y sont organisées plusieurs fois dans l’année, et pour compléter le tableau, une carrière est exploitée sur le site de deux anciennes galeries, l'ensemble posant d’autres questions.

Si l’on souligne qu’il s’agit d’une zone forestière où les résineux sont nombreux, on comprend que le risque d'incendie est un autre sujet d’inquiétude…

Photo Groupe Préventique

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Commentaires

Un habitant du secteur vient de nous signaler qu’à l’occasion d’une fête sur les lieux, samedi 15 et dimanche 16 juin 2013, un feu s’est déclaré. Il a été rapidement éteint puisqu’il n’a brûlé qu’environ 10 m2, mais l’incident illustre bien le danger potentiel de ces fêtes dans cet environnement.
Facteur aggravant, outre le danger direct de l’incendie, la décomposition des minerais présents, à base d’arsenic et d’antimoine qui accompagnent toujours les sulfures (pyrites métalliques), peut libérer des gaz extrêmement toxiques (arsine, stilbine), sous l’action de la chaleur. Ces festivités (de type rave parties) se reproduisent régulièrement (dernièrement en mars, mai et 2 fois déjà en juin).

Nous apprenons avec satisfaction que le 27 août dernier, monsieur Hugues Bousiges, préfet du Gard, a pris un arrêté qui doit mettre de l’ordre sur le site.
Cet arrêté ne concerne toutefois pas l’ensemble du territoire pollué, mais seulement une parcelle d’un peu plus de deux hectares exploités par un groupement foncier agricole (GFA). Nous rappellerons que les activités gérées directement ou indirectement par ce dernier, font l’objet de polémiques avec le voisinage et notamment avec les maires des communes de Thoiras et de Saint-Félix-de-Pallières. Le GFA devra clôturer le terrain, installer des portails et y placer un panneau informant le public des risques encourus. Il lui est interdit d’y maintenir les campements, les caravanes, les habitations légères et véhicules en tenant lieu. Il ne pourra également plus y organiser ou y tolérer des épreuves sportives motorisées ou non. La question reste posée de savoir si cet interdit s’applique aux manifestations dites culturelles de type rave parties ?

Les communes et les voisins se félicitent de cette décision, mais soulignent qu’elle ne concerne qu’une infime partie du territoire, de sorte que les risques pour les usagers et les riverains restent les mêmes. On nous informe d’ailleurs que depuis la parution de l’arrêté, une rave partie a eu lieu pendant plus de trois jours, mais sur des terrains miniers très contaminés situés tout à côté du GFA.
Cet arrêté constitue cependant un premier pas dans l’organisation nécessaire de la sécurité sur le site.

Voilà plusieurs mois que nous n'avons rien écrit sur le sujet. Pourtant nous restons attentifs à la situation de Saint-Félix-de-Pallières et constatons que rien se semble bouger dans le sens d'une meilleure prise en compte des dangers présents. En février dernier les autorités sanitaires ont diffusé des consignes de sécurité aux habitants, qui ne laissent aucun doute sur la dangerosité des lieux.
Il nous a été signalé qu'une autorisation d'exploiter des forages pour l'eau potable aurait été donnée dans le secteur minier, en dépit de consignes très précises données lors de la cessation minière en 1998.
Un rapport de l'ARS sur l'occupation humaine du secteur a pointé de nombreuses défaillances sanitaires. Pourtant cette occupation et les diverses activités, dont les fêtes continuent sur le site de la mine.
La dernière "teuf" est annoncée pour le week-end prochain (du 6 au 7 selon les affiches, plus selon l'expérience des habitants).
Les maires de Saint-Félix et Thoiras ont réagi par des lettres aux différentes autorités. En vain semble-t-il.

Une enquête approfondie de RFI est en ligne. Après plusieurs mois d'une enquête en profondeur sur la situation de la zone, deux journalistes de Radio France International, Alain Renon et Arnaud Jouve, ont réalisé un documentaire très complet disponible en ligne: Scandale environnemental à la porte des Cévennes.
Ce travail inaugure le premier magazine multimédias de RFI, Pour-Suites.

C'est en effet un sujet inquiétant. Je pense qu'il est grand temps de faire une évaluation des risques en ce qui concerne les effets de la pollution chimique. Quoi qu'il en soit, je suis très heureux avec le récit intéressant que vous avez donné ici. Merci beaucoup pour le partage.

Une réunion publique sur la pollution issue des exploitations minières
À l'initiative de quelques riverains engagés dans des associations locales et avec le soutien de l'ATC, une soirée d'information était organisée à Alès, dans les Cévennes, le vendredi 21 novembre 2014. Près de deux cents personnes emplissaient la salle communale.
Préventique ayant publié un dossier sur l'ancien site minier de Saint-Félix-de-Pallières, les organisateurs avaient invité Hubert Seillan, rédacteur en chef et juriste, Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie, membre de l'Anses, et André Picot, chimiste, directeur de recherches honoraire au CNRS et président de l'ATC.
L'inquiétude des riverains quant à leur santé et à la valeur de leurs biens était perceptible. Les présentations des données scientifiques offraient évidemment quelques difficultés de compréhension, mais l'attention de la salle était si forte tout au long de la soirée qu'on comprenait que les enjeux sanitaires et économiques sont si élevés qu'ils concernent chacun au plus haut point.
Après les exposés scientifiques et le témoignage de Johnny Bowie, de Saint-Félix-de-Pallières, les questions fusèrent. De quelles techniques disposons-nous pour améliorer la situation? Les techniques existent, mais leurs effets ne sauraient être immédiats et surtout, elles supposent des moyens financiers élevés. Le droit fut aussi sollicité. Les biens deviennent invendables, nos patrimoines ne valent plus rien, peut-on recevoir une indemnisation? Des maladies apparaissent, les médecins en témoignent, nous ne pouvons l'accepter. Peut-on contraindre l'État à prendre des mesures?
Des axes juridiques permettent-ils de sortir de l'impasse? Ils existent, répondit Hubert Seillan, mais les pesanteurs administratives, judiciaires, assurantielles, sont autant d'obstacles. À moins d'agir collectivement…
Silanus

Mardi 20 janvier (20 h 35), France 5 diffuse un documentaire intitulé "Pollution des sols. Le scandale caché" qui traitera, entre autres pollutions, de celle générée par l'exploitation de l'ancien site industriel de Salsigne.
L'animatrice, Marina Carrère d'Encausse, ouvrira un débat avec André Picot et Corinne Lepage.
Le documentaire est visible en ligne jusqu'au mardi 27 janvier.

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